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Groupe de danse folklorique devant le Pavillon bosniaque dans l'Allée des Nations à Paris en 1900.
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Paris-Sarajevo 1900
12 juin - 25 juillet 2004
Gare-Usines, Dudelange
Le 10 décembre 2003 le Conseil de l’Europe a nommé Sarajevo Première Ville interculturelle d’Europe. Cet acte symbolique s’inscrit dans un projet pilote fondé sur la Déclaration sur le Dialogue Interculturel et la Prévention des Conflits. Sarajevo gardera ce titre jusqu’au mois de décembre 2004. Selon les mots de Sonja Moser Starrach, représentant spécial du Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, la ville de Sarajevo est honorée de ce titre en raison de sa tradition unique de différentes formes de tolérance.
Comment interpréter cette décision? Est-ce un éloge funèbre pour une ville fantôme qui désormais n’existe plus que dans la mémoire et le cœur ce ceux qui ont dû la fuir lors des années troubles… Est-ce l’aveu honteux et un peu tardif de l’Europe heureuse d’avoir été incapable de défendre en temps utile cette autre Andalousie? Souvenons nous des images terribles de l’exposition Sarajevo – l’art de la survie de l’art… par Martin Linster et Boris Kremer en 1995! Où serais-ce un appel à s’inscrire en faux alors que l’intolérance et la haine de l’Autre semblent prendre racine dans ce bout de terre meurtrie?
C’est cette dernière option qui a incité l’équipe du Centre de Documentation sur les Migrations Humaines à accueillir l’exposition Paris-Sarajevo 1900 conçue par Jasna Samic, exposition réalisée avec des moyens modestes, mais animée par la volonté farouche de témoigner. Après un passage au Musée de la Ville de Sarajevo (2001) et à la Galerie Le Lys (2002) de Paris, Paris-Sarajevo 1900 fait donc halte à la Gare-Usines de Dudelange en ce début d’été 2004.
L’exposition est construite autour du Pavillon bosniaque installé en 1900 dans l’ Allée des Nations près du Pont Alexandre III pour l’Exposition Universelle de Paris. Les splendeurs de Paris, voilà ce qui renvoie aux misères du Grand-Duché, tant ils sont nombreux les Luxembourgeois à avoir rejoint vers 1900 la Ville Lumière pour gagner leur vie dans les ateliers industriels, sur les chantiers du métro, dans les offices des maisons bourgeoises et sur les terrasses des cafés. Si pléthorique est leur communauté, que par boutade on pourrait affirmer qu’en cette année-là, Paris est la première ville luxembourgeoise. Aussi nous plaisons-nous à imaginer nos comptatriotes d’antan découvrant avec émerveillement au milieu d’une foule bigarrée, les splendeurs et curiosités de la Sarajevo alors austro-hongroise, ville où les influences orientales se marient heureusement aux courants artistiques de l’Occident pour former un de ces patchwork culturels si typiques de la Mitteleuropa.
Nous remercions la Communauté culturelle bosniaque d’avoir attiré dans le cadre du 10e anniveraire de sa fondation notre regard sur le projet Jasna Samic qui s’insère parfaitement dans le programme du CDMH.
Jasna Samic est diplômée de la Faculté des Sciences Humaines, Département des langues orientales de l’Université de Sarajevo. Depuis 1977, elle a alternativement vécu à Paris et Sarajevo. En 1984 elle a soutenu une thèse de doctorat à Paris I Panthéon-Sorbonne consacrée au Divan de Kâ’imi, publié en 1986 (ADPF, Recherches sur les civilisations). Ses recherches qui portent particulièrement sur le soufisme en Bosnie. A ce titre elle est l’auteur de films documentaires sur le moucement des derviches. Se fondant sur les recherches pour Paris-Sarajevo, Jasna Samic a concue le roman Le Pavillon bosniaque (Istanbul: Isis, 1996). Elle est l’auteur de recueils de poèmes et traduit des écrivains bosniaques, comme le prix Nobel de littérature Ivo Andric, vers le français et le turc.
L’exposition sera accompagnée de deux films documentaires sur l’histoire de Sarajevo réalisés sur des scénarios de Jasna Samic.
Antoinette Reuter
Pour l’équipe du CDMH
Note: Le vernissage de l'exposition aura lieu le vendredi 11 juin à 18h30.
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