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Portraits du passé



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Le puissant industriel derrière son bureau
(années 1920)


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Gaston Barbanson plaide pour
une union économique avec la Belgique


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André Gide et Jean Schlumberger
sont les étroits collaborateurs d’Émile Mayrisch


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Émile Mayrisch à l’apogée de son pouvoir:
la direction de l’Arbed en 1922
(4e de gauche:Gaston Barbanson)


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Le château de Colpach, haut-lieu d’une
tentative de rapprochement franco-allemand
dans l’entre-deux-guerres


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Émile Mayrisch à la Conférence
Internationale de Gênes (1928)


Émile Mayrisch (1862-1928)

I. Années de formation (1862-1911)
II. L'Arbed et la Grande Guerre (1911-18)

III. La défense d'une idée (1918-1928)
IV. Pour l'Entente (1918-1928)

La capitulation de l’Allemagne (11 novembre 1918) marque aussi la fin de l’union économique du Luxembourg avec celle-ci. L’Arbed se voit contrainte à s’orienter vers d’autres marchés. Mayrisch, en tant que membre d’une commission gouvernementale constituée le 6 octobre 1917 pour l’étude des problèmes d’après-guerre, préconise une solution française(12). En 1919, il renforce ses liens avec la sidérurgie française en créant avec Schneider-Creusot les Terres Rouges, deux sociétés issues des usines de la Gelsenkirchen A.G. allemande. Les projets de Mayrisch se heurtent aux aspirations de la Belgique dont le plus farouche défenseur est Gaston Barbanson, co-fondateur de l’Arbed et nouveau président du Conseil d’administration, un des plus étroits collaborateurs du
Patron(14).

Afin de trancher définitivement cette question d’importance nationale, le gouvernement luxembourgeois la soumet à un référendum boycotté par la Belgique et différé sur ordre des alliés. Cet incident provoque la colère des Luxembourgeois qui sont en grande majorité pour une union économique avec la France. Mais celle-ci ne s’intéresse guère au marché luxembourgeois et reste réservée. Mayrisch fera même intervenir André Gide (encore une connaissance d’Aline Mayrisch) auprès du Quai d’Orsay, démarche qui restera sans effet. Finalement, quoique 73% des Luxembourgeois aient voté en faveur de la France, celle-ci annonce le 10 mai 1920 qu’elle décline l’offre du Luxembourg. L’union économique avec la Belgique devient donc inévitable: elle est signée le 25 juillet 1921(12).

L’Arbed voit ainsi réparti ses biens sur trois systèmes économiques: le système belge pour le Luxembourg, le système allemand pour la Rhénanie et le système français pour la Lorraine et la Sarre. En plus, le traité de Versailles prévoit qu’à partir de 1925, l’Allemagne pourra de nouveau dresser des barrières douanières sur ses frontières ; avec l’annulation du Zollverein, l’empire de l’Arbed est ainsi menacé de démantèlement. En tant que nouveau président de la Direction de l’Arbed, Émile Mayrisch se voit donc contraint à négocier un accord général entre les sidérurgies allemande, française, belge et luxembourgeoise(1).

À partir de 1920, les Mayrisch quittent Dudelange pour le château de Colpach, vaste domaine acquis en 1917, afin d’y créer un forum politique, économique et intellectuel à rayonnement européen(15).

Un des premiers hôtes reçus à Colpach est l’industriel et futur ministre allemand Walther Rathenau, qui à cette occasion rencontre André Gide. En effet, Mayrisch compte s’appuyer sur cet homme de poids pour la réalisation d’un équilibre économique entre les pouvoirs de l’après-guerre. Il défend cette idée à la conférence internationale de Gênes (avril-mai 1922), où il fait partie de la délégation luxembourgeoise. Ses plans sont cependant contrariés par l’échec de la conférence et l’assassinat de Rathenau (24 juin 1922), événements qui entraînent un durcissement des rapports franco-allemands, débouchant sur l’occupation de la Ruhr par les troupes françaises (janvier 1923)(1).

Ce n’est qu’après la détente franco-allemande de 1924 que Mayrisch peut à nouveau défendre l’idée d’un rapprochement entre les deux pouvoirs. À l’instigation de Fritz Thyssen, qui envisage la création d’un cartel supranational de l’acier, il réunit le 30 janvier 1925 à Luxembourg les représentants du Comité de Forges français et de la Rohstahlgemeinschaft allemande. On décide de négocier en vue d’une réalisation du plan Thyssen pour l’Allemagne, la France, la Sarre, le Luxembourg et la Belgique. Mayrisch, qui mène les pourparlers, réussit à écarter les dernières réticences belges et françaises, de sorte que le 30 septembre 1926 naît à Luxembourg l’Entente Internationale de l’Acier (E.I.A.) avec les quotas de production suivants: Allemagne 40,45 % ; France 31,89 % ; Belgique 12,57 % ; Luxembourg 8,55 % ; Sarre 6,54 %. La présidence du cartel est confié à Émile Mayrisch(1).



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Dossier:
Naissance d'une ville
Avant l´industrialisation
L´industrialisation
La vie des ouvriers
Le rang de ville
Émile Mayrisch
Années de formation
L'Arbed et la Grande Guerre
La défense d´une idée
Pour l´Entente
Sidney Gilchrist Thomas
Dominique Lang

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