
Le Patron (années 1910)

La déclaration par laquelle Émile Mayrisch fit appel à ses ouvriers d’observer une stricte neutralité

Dégâts dans la rue Deich après l’attaque aérienne du 18 février 1918

Hôpital militaire provisoire dans le ale Schlass (1914)

La fabrique de nouilles de l’usine de Dudelange
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Émile Mayrisch (1862-1928)
I. Années de formation (1862-1911)
II. L'Arbed et la Ge Guerre (1911-1918)
III. La défense d'une idée (1918-1928)
IV. Pour l'Entente (1918-1928)
Malgré son attachement à Dudelange et à ses habitants, Émile Mayrisch voit plus grand: en 1911, après de longs pourparlers, il réussit à faire fusionner trois grandes sociétés sidérurgiques à capitaux luxembourgeois, créant ainsi l’Arbed (Aciéries Réunies de Burbach-Eich-Dudelange)(4), dont il devient le directeur technique. Jusqu’en 1914, Mayrisch fera de l’Arbed un des plus influents membres du Stahlwerksverband, pouvant désormais être comparé aux grands Konzern allemands(12).
Son rapprochement économique de l’Allemagne va cependant de pair avec un mépris grandissant envers la politique de Guillaume II, qualifiée comme antilibérale et agressive(7). Ces présomptions sont confirmées le 2 août 1914 avec la violation de la neutralité luxembourgeoise et l’occupation du pays par l’armée allemande. À l’image du gouvernement luxembourgeois, qui après quelques protestations contre l’invasion s’est décidé à garder sa neutralité, Mayrisch fait afficher des placards informant ses ouvriers et ses employés de leur devoir de neutralité. Il refuse ainsi de fermer les usines de l’Arbed, ce qui aurait provoqué un chômage massif aux conséquences désastreuses(12). Par conséquent, l’Arbed livrera à l’Allemagne des matières premières servant à la production d’armes, ce qui entraînera en 1916/18 le bombardement de l’usine de Dudelange par les alliés.
Sensible aux pertes humaines subies par les deux côtés, Mayrisch, cofondateur de la Croix-Rouge luxembourgeoise, fait installer dans son ancienne villa (le Casino) à Dudelange un hôpital militaire où sont soignés sans distinction des blessés français et allemands(13).
Afin d’assurer le fonctionnement de ses usines, il effectue de nombreux voyages dans la Ruhr et à Berlin où il intervient auprès des décideurs aux Affaires Étrangères et au Ministère de la Guerre. Aidé par Aloyse Meyer, il réussit à assurer le ravitaillement de ses ouvriers par l’achat de vivres en Allemagne sans passer par la Centrale d’achat du Gouvernement luxembourgeois(12).
À la fin de la guerre, Émile Mayrisch profite des relations littéraires de sa femme pour nouer des liens avec la France: en 1917, il remet à l’écrivain et officier des services de renseignements français Jean Schlumberger une importante documentation sur la production de guerre allemande(3)
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