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Dossier


I. Dudelange avant l'industrialisation
II. L´industrialisation de Dudelange
III. La vie des ouvriers

IV. Dudelange est élevée au rang de Ville

1. Conditions de travail, salaires et retraites

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Traction chevaline dans une galerie, vers 1905

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Groupe de mineurs avec leurs jeunes commissionnaires

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Ouvriers au laminoir (1903)

La majeure partie de la vie des ouvriers est occupée par de longues journées de travail. Il s'agit d'une occupation démoralisante qui éprouve les travailleurs par des risques élevés et des efforts physiques extrêmes. Étant donné que le salaire dépend de la durée de travail, des horaires de 12 heures et plus ne sont pas inhabituels, le «laangen Tour» dure même 24 heures.
Dans l'activité minière, le temps de travail est légèrement plus court à cause des conditions de travail plus dures.
Par opposition à d'autres sites sidérurgiques, les ouvriers travaillant à Dudelange sont dispensés de longs trajets, les quartiers des travailleurs se trouvant à proximité de l'usine. Il y a pourtant des salariés provenant de l'Oesling qui sont logés dans des pensions de famille durant la semaine et qui rentrent chez eux seulement le jours chômés.
La plupart des ouvriers mènent une vie proche de la pauvreté. En effet, les salaires sont insignifiants et non adaptés aux dépenses des ouvriers, car ils dépendent de la fluctuation des marchés. De plus, aucune loi ne réglemente les payes des travailleurs. Celles-ci sont généralement inférieures à celles du Bassin Minier lorrain et du Kohlerevier de la Sarre.


2. Assurances sociales

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Laminoir : générateur de propulsion

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L'hôpital de l'usine avant son premier agrandissement

En dépit des risques élevés auxquels les ouvriers sont exposés, les assurances sont rares avant 1900. En effet, les travailleurs ne sont assurés d'ordinaire que par l'initiative des entreprises et ces assurances ne concernent souvent que les Luxembourgeois. En 1901, l'assurance maladie devient officiellement obligatoire pour l'ensemble des salariés, et en 1902, une loi impose l'assurance contre les accidents.
L'assistance médicale devient gratuite; et en cas d'incapacité de travail, l'ouvrier concerné reçoit une pension équivalent à 66,7% de son salaire. Les veuves peuvent obtenir jusqu'à 60% du salaire de leur mari. L'année suivante, en 1903, l'usine de Dudelange introduit un congé payé de 8 jours pour des ouvriers ayant servi plus de 25 années; les travailleurs expérimentés reçoivent une prime. Or, c'est seulement en 1911 qu'une pension régulière est adoptée; elle ne peut cependant n'être exigée qu'à l'âge de 68 ans


3. Mouvement ouvrier

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Fête du Travail (1er mai 1920)

Bien que les premières représentations ouvrières, sous forme de conseils d'usine, ne soient introduites que par un arrêt grand-ducal de 1919, Émile Mayrisch, directeur de l'usine de Dudelange, anticipe en 1905 cette institution. Avec l'accord du conseil d'administration de la Société, la première délégation est élue le 18 janvier 1906. Cette institution contribuera beaucoup à la paix sociale au cours des années à venir. En effet, il n'y aura que très peu de grèves ou de manifestations ouvrières avant la Première Guerre Mondiale.


4. Les conditions de vie dans les quartiers ouvriers

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Le Café Rossi en 1908

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La rue d'Italie, à gauche le Café Dickes

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Op der Schmelz

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La boucherie de l'économat en 1909

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Soupe populaire (1915)

L'afflux subit des travailleurs étrangers pose de grands problèmes au village de Dudelange: les quartiers hâtivement aménagés ne peuvent accueillir tous les immigrants, car le nombre de solliciteurs est plus grand que celui des nouvelles constructions (en effet le nombre d'habitations a doublé de 1871 à 1906, celui des habitants a quintuplé). Cette crise du logement attire les tâcherons, des commerçants qui jouent un rôle d'intermédiaire entre l'entreprise et l'ouvrier: en tenant en parallèle un magasin de comestibles ou une guinguette, ils exploitent les ouvriers en leur louant de minuscules chambres à des prix démesurés.
Les spéculateurs aussi profitent de la situation: en effet, le nombre d'entrepreneurs a augmenté de façon spectaculaire à partir de 1880. Au quartier Italie par exemple, ils construisent des maisons qu'ils donnent en location à des prix usuriers. La qualité de ces maisons est généralement misérable. Quant à l'hygiène dans ces maisons, elles est souvent catastrophique: les conditions de vie dans ces «casernes» humides et sales favorisent la propagation de maladies comme la tuberculose ou même le choléra ou le typhus. Il s'y ajoute le fait que la plupart des maisons ne possèdent qu'une fosse d'aisances pour plusieurs familles.
Les rapports sur les conditions de vie dans ces quartiers font scandale dans les milieux bourgeois; on critique violemment les unions libres qui seraient la cause de la criminalité et de la dépravation des moeurs.
Après la nomination d'Émile Mayrisch au poste de directeur, l'usine de Dudelange montre un engagement social exemplaire et crée un grand nombre d'institutions en faveur des travailleurs et de leurs familles. Afin d'assurer une alimentation plus saine des ouvriers, l'usine de Dudelange ouvre en 1907 une soupe populaire, ainsi qu'un économat, une épicerie appartenant à l'usine où les travailleurs peuvent acheter des aliments à prix réduit. Ces mesures ont entre autre pour but de mettre fin à l'exploitation des ouvriers par les tâcherons. De même, la Société s'engage à prendre en charge les frais de scolarité des enfants d'ouvriers qui fréquentent l'école primaire supérieure.

Document source:
Rapport policier du 13/03/1897


Document source:
Le Patron sur son engagement social


5. Les loisirs

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Le jardin du Café Rossi 1er à droite:
l'artiste-peintre Dominique Lang


Comme la partie majeure de leur vie est occupée par le travail à l'usine, les ouvriers n'ont pas beaucoup de temps à consacrer à leur famille ou à un passe-temps. Cependant, avec la croissance démographique, l'amélioration du niveau de vie et la réduction du temps de travail, une multitude d'associations naissent dans les domaines les plus variés.

Vers 1910, il existait déjà bon nombre de clubs et d'associations, dont quelques-unes sont énumérées ci-dessous.

Nom
Typologie
Année de fondation
«Musikgesellschaft Düdelingen»
Société de musique
1886/1896
«Union»
Société de gymnastique
1898
«Mutuo Soccorso»
Association ouvrière
1899
«Chorale Sainte Cécile»
Chorale
1907
«Übers Brettel»
Club de quilles
1907
«La Fratellanza»
Société de musique
1911
«Concordia»
Société de musique
1911
«Blaue Wolke»
Club de fumeurs
1912
«Boy-Scouts Korps Düdelingen»
Groupe d'éclaireurs
1913
«Jünglingscongregation»
Association de la jeunesse catholique
1913


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La kermesse au Schwaarzewee

En 1906, les employés de l'usine de Dudelange fondent une société de casino. Quelques années plus tard, le 12 juin 1912, l'aubergiste Henri Hamilius-Gerend reçoit l'autorisation «d'établir un moteur à gaz servant à l'exploitation d'un cinématographe». Les fêtes populaires représentent cependant la façon la plus populaire de se divertir: chaque année, les kermesses de la Saint Martin et de la Saint Jean attirent la foule.



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