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Depuis 1993 trois charrettes ont permis d’affiner progressivement le projet d’un Musée des Migrations. Au départ, la tâche assignée aux concepteurs de musée n’était pas facile. Comment introduire un Musée des Migrations dans la Petite Italie, quartier où la migration reste d’actualité, sans assigner les habitants à résidence? Quelle configuration donner à ce musée, alors que les surfaces d’exposition seront nécessairement très réduites dans la Gare-Usines?
Très rapidement l’idée d’un Museum without Walls s’est imposée. Le musée ne doit pas rester confiné à la gare, mais débordera dans la Petite Italie, quartier correspondant parfaitement au patrimoine social tel qu défini depuis peu par le Coseil de l’Europe. Cette notion ne caractérise pas les lieux beaux en soi, comme une cathédrale romane ou un château Renaissance, mais des sites qui témoignent d’une situation sociale particulière et qui à ce titre méritent conservation.
La Petite Italie est un quartier typique des temps héroïques de l’industrialisation. Collé à flanc de coteau entre le carreau de mines et l’usine, il représente un témoignage unique de l’habitat ouvrier du début du siècle. Mordant sur la colline, il a bénéficié de solutions que l’on pourrait qualifier de méditerranéennes imaginées peut-être par ceux de ses habitants venus du Sud: couloirs souterrains pour relier les différents niveaux d’occupation, balcons, jardins suspendus, escaliers volants. L’intérêt sans cesse renouvelé que suscite ce quartier auprès des visiteurs venus de près et de loin, nous a convaincu que l’équation muséologique the walk is the gallery proposée par l’équipe de la Miami est la bonne.
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